Charges sociales : comment prévoir et anticiper l'impact sur la trésorerie ?
Publié par facile2 Tue, 18 Oct 2011 07:35:00 GMT
Dirigeants, indépendants, artisans, commerçants : avez-vous réglé vos cotisations sociales trimestrielles ?
Les charges sociales patronales ont souvent un lourd impact sur la trésorerie de l’entreprise, aussi conséquent que le paiement de l’impôt.
Elles sont souvent sources de frustration ou d'abattement de la part des dirigeants lors de la réception de l’appel à cotisation. Notamment, quand on se lance ou en période où le chiffre d’affaires est plus léger et où le dirigeant est confronté à limiter sa rémunération pour payer des cotisations ; Ou bien encore quand le paiement d’un gros contrat arrive et que cette somme ne sert qu’au paiement des salaires des collaborateurs, de la TVA et des cotisations URSSAF et ne permet pas la rémunération du dirigeant.
Ces constats vous évoquent une situation connue ? Alors, soyez prévoyant.
Pour ne pas vous laisser surprendre, voici un point sur les charges sociales. Combien faut-il payer ? Quand ? Comment anticiper ?
Le poids des charges Sociales
Vous versez 1.500 euros ? 2.000 euros ? 3.000 euros nets à un salarié ? Combien allez-vous payer de cotisations patronales trimestrielles ? Le savez-vous ? Avez-vous fait le calcul ?
Voici quelques ordres de grandeur à garder en tête !
En prenant en compte Urssaf, cotisation retraite, prévoyance, complémentaire santé, vous réglerez approximativement pour :
- Un salarié non-cadre à 1500 euros nets par mois, soit 4500 euros nets par trimestre : 2500 euros de cotisations par trimestre, près de 2 fois la valeur du salaire net mensuel
- Un salarié non-cadre à 2000 euros nets par mois, soit 6000 euros nets par trimestre : 4000 euros de cotisations par trimestre, 2 fois la valeur du salaire net mensuel
- Un cadre à 3000 euros nets par mois, soit 9000 euros nets par trimestre : 7500 euros de cotisations par trimestre, plus de 2 fois la valeur du salaire net mensuel
Ces sommes importantes viennent peser sur votre trésorerie. Lorsque celle-ci est basse, l’appel au versement des cotisations patronales peut devenir une source d’endettement de l’entreprise.
Pour prévenir cette situation et anticiper, l’idéal est de provisionner, chaque mois, entre 20 à 30% de la valeur des rémunérations nettes versées au salarié sur un trimestre, ceci en fonction du revenu et du statut du salarié.
Soit, pour supporter le paiement de l'ensemble des charges sociales versées par l'employer, vous devez épargner chaque mois,
- 55% de la valeur d’un salaire net au smic
- 80% de la valeur d’un salaire net de cadre.
Une somme non négligeable ! Alors intégrez-la dans votre prévisionnel pour ne pas être étonné, au moment de les régler, et vous assurer ainsi de couvrir ces charges. Prenez-la en compte dans la détermination de vos objectifs de chiffre d’affaires pour assurer votre équilibre et votre bonne gestion de l’entreprise.
Les charges sociales : qui paie quoi ?
Les cotisations sociales concernent à la fois le dirigeant et ses collaborateurs.
Selon son statut, le dirigeant pourra opter pour le régime des TNS (travailleurs non salariés) (pour les entrepreneurs individuels, les gérants majoritaires de Sarl, les associés de sociétés de personnes) ou le régime général des salariés qui concerne les gérants minoritaires ou égalitaires rémunérés des SARL et les dirigeants des Sociétés Anonymes. Dans tous les cas, il sera amené à payer des cotisations sociales.
Pour les TNS, la base de calcul des charges sociales est le bénéfice de l’exploitant individuel, la rémunération perçue par le gérant majoritaire ou la part de bénéfice encaissée par l'associé d'une société.
Pour le régime général des salariés qui sera celui de tout employé de l’entreprise, des charges sociales salariales et patronales s’ajoutent au versement du salaire net de chaque collaborateur.
- La part salariale est payée par le salarié en étant retenue directement sur son salaire. Elle représente environ 25% de la valeur du salaire net versé.
- La part patronale est versée par l'employeur en fonction des rémunérations brutes qu'il verse à ses salariés. Sa valeur représente entre 40 et 50% du salaire net selon le statut cadre ou non cadre.
Les exonérations
Des dispositifs peuvent donner lieu à des exonérations ou allégements de charges sociales salariales et patronales, comme :
• l’ACCRE,
• l’implantation en ZFU (Zone franche urbaine) ou ZRU (zone de redynamisation urbaine),
• le statut JEI (jeune entreprise innovante) d’OSE0,
• le statut de créateur ou repreneur salarié,
• l’embauche d’un premier salarié,
• le recrutement d’un apprenti
• la loi Fillon sur les bas salaires.
Face à cette diversité de solutions d’exonération ou de réduction de la valeur de cotisation, n’hésitez à prendre contact avec les services de l'URSSAF pour bien déclarer et calculer vos cotisations.
Les modalités de règlement
Dans le cas général, les déclarations et paiements sont effectués chaque trimestre, avant le 15 du premier mois du trimestre suivant, soit : le 15 avril, le 15 juillet, le 15 octobre, le 15 janvier.
Selon la taille de l’effectif de l’entreprise et la date de paiement des salaires, des dispositifs de déclaration et de paiement peuvent être adaptés. Le règlement mensuel est proposé à partir de 10 salariés.
L’ensemble des déclarations et paiements de cotisations sociales est centralisé par l’URSSAF. Via le DUCS, Déclaration Unifiée de Cotisations Sociales, vous télépayez toutes vos cotisations en un point unique : urssaf et assurance chômage, retraite complémentaire Agirc-Arrco et prévoyance. http://www.net-entreprises.fr/html/ducs.htm
