author Publié par incwo Wed, 29 Feb 2012 19:26:00 GMT

Bonjour Antoine, quel est ton parcours ?

Depuis ma sortie d’école en 98 (argh, c’était au millénaire dernier), je travaille dans l’innovation et sur Internet. J’ai créé ma première entreprise en 1998, et je l’ai revendue à Apple en 2001. Puis embauche dans un laboratoire de recherche (le CEA) pour développer le business (on dit valoriser les technologies dans le jargon du métier). En 2008, c’est reparti, deuxième création d’entreprise. Elle est encore en train de prendre son envol. Et maintenant je poursuis plusieurs idées, dont le projet aides-creation.fr dont je suis l’instigateur.  

Qu'est-ce qui s'est avéré plus facile que prévu dans ton parcours d’entrepreneur ? Et plus difficile que prévu ?

Depuis quelques temps, je regarde les choses à travers un autre filtre : rentable ou non  rentable. L’idéal, à temps passé similaire, c’est de faire des choses faciles et rentables, voire difficiles et rentables. Après, nous sommes humains, et tous les entrepreneurs ont fait des choses faciles et peu rentables voire difficiles et pas rentables du tout (bonjour au passage à tous les technophiles lecteurs ☺ ).

Bref, pour prendre un exemple concret, dans ma première société, nous avons travaillé un an sur le produit sans nous payer. C’était difficile. Et d’une rentabilité contestable, puisque du coup nous ne cherchions pas à vendre tout de suite. Le produit n’était pas testé par suffisamment de clients et donc a nécessité des adaptations supplémentaires pour être mis sur le marché.

Un autre exemple : négocier les conditions de la vente avec des avocats français en relation avec des avocats américains a été un enfer (même si nous étions satisfaits du résultat). A tel point que j’ai pris juste après 3 mois de vacances pour crapahuter au Pérou.

Il est également très difficile de licencier quelqu’un qui a misé sur votre société, même si c’est nécessaire. Je me souviens de mon premier licenciement : quelqu’un qui avait enjolivé ses compétences, et dont il a fallu se séparer en période d’essai. C’était très dur, surtout parce que nous étions dans une ambiance « entreprise d’amis » qui a dû du coup se professionnaliser.

Après 14 ans dans le secteur de l’innovation, ce que je trouve plus facile en revanche, c’est de présenter un dossier pour qu’il puisse obtenir des aides et des financements.

Tu as lancé aides-creation.fr, peux-tu nous en parler ?

Justement, nous parlions des aides. Avec aides-creation.fr, et la boutique en ligne qui va avec www.metro-startup.com, je reviens à des choses simples, un produit unique que j’espère le plus utile possible, vendu sur Internet. Et au fantasme de tout chef d’entreprise : l’entreprise sans salariés par l’automatisation des processus de production et de logistique (j’en suis encore au début).
A la base une constatation : les aides à la création forment une jungle pour les entrepreneurs. Il y a en a dans tous les sens, elles poussent les unes sur les autres, on ne peut pas en avoir une vue d’ensemble. Cueillir la bonne aide au bon moment relève de la mission impossible ! C’est pour cela que les incubateurs, et accompagnateurs divers de start-ups ont un vrai rôle de conseil à jouer.
Le plan que j’ai conçu permet de se repérer : pour les entreprises qui peuvent ainsi avoir de la visibilité sur les financements qu’elles peuvent obtenir, et pour les structures accompagnant des start-ups qui s’en servent comme d’un outil dans leurs entretiens avec elles.
J’aurais rêvé d’avoir un tel outil pour mes startups précédentes, qui ont pourtant fait appel largement à des fonds publics (1,5M€ de financements obtenus en trois ans pour ma société n°2).

Comment as-tu réuni les informations nécessaires ?

J’ai pris toutes les approches actuelles à rebrousse-poil. Au lieu de tenter désespérément de compter les arbres dans la jungle en recensant toutes les aides existantes, j’ai interrogé des dirigeants de startup sur les aides et financements qu’ils avaient EFFECTIVEMENT obtenu et ce qu’ils en pensaient.
Ces aides sont mobilisables dans un certain ordre, suivant par exemple le développement du projet, ou les conditions de fonds propres.
Puis j’ai interrogé les financeurs, de manière la plus neutre et anonyme possible, sur les chances de financements, le nombre de dossiers déposés, la durée des démarches, etc.  J’ai croisé ces informations avec celles que j’avais obtenues en interrogeant les entrepreneurs.
En me creusant la tête pour représenter toutes ces données de manière simple, j’ai imaginé ce plan de métro, où les 30 dispositifs de financements sont représentés dans l’ordre dans lesquels ils peuvent être mobilisés sur 10 lignes thématiques (« ligne projets collaboratifs », « ligne prêts d’honneur », « ligne fiscale »… ), et sur une rivière représentant les différentes étapes de la société.
Le plan de métro est imprimé et plastifié amoureusement à prix d’or par des sous-traitants pour être proposé aux entrepreneurs et structures qui les accompagnent.

Tu proposes donc un guide du randonneur dans la jungle des aides publiques ?

Exactement. Et puisque vous m’en donnez l’occasion dans cette rubrique, et que c’est une façon d’aider la création d’entreprise en France, j’offre aux lecteurs de cette interview 20 bons d’achat d’une valeur de 16€ permettant de recevoir gratuitement dans une enveloppe A4 le plan des aides, mais qui peuvent aussi servir pour acheter à moitié prix des posters plastifiés.
Le code du bon est  ENTRFACILE et il est valable pour les 20 premiers lecteurs sur la boutique www.metro-startup.com du site www.aides-creation.fr . Et pour les retardataires, pour ne pas qu’ils soient trop déçus, voici un bon spécial de 20% de réduction, concocté spécialement : AUTREBON.